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Pour en parler à l'école
parce que si leurs aînés proches n'ont pu ignorer les grandes campagnes des années 80,
les ados d'aujourd'hui ont été peu ou moins bien sensibilisés à la question du sida.
En réalisant ce dossier pédagogique, la Plate-Forme Prévention Sida a souhaité répondre à une double préoccupation:
1) Soutenir auprès des jeunes une démarche de prévention des infections sexuellement transmissibles (IST), et du sida en particulier
En effet, une série de constatations interpellent. Les enquêtes réalisées auprès des jeunes* mettent en évidence les faits suivants:
· les jeunes ont des croyances erronées et un niveau d’information insuffisant quant aux modes de transmission des IST et du sida ;
· les jeunes ne sont pas spécialement plus nombreux qu’avant à être sexuellement actifs ; néanmoins, l’âge moyen du premier rapport sexuel a baissé à 14 ans.
Alors que leurs aînés proches n’ont pu ignorer les grandes campagnes des années ’80, les adolescents d’aujourd’hui ont été peu ou bien moins sensibilisés à la question du Sida.
La Journée Mondiale de Lutte contre le Sida qui a lieu chaque année le 1er décembre est bien sûr un moment privilégié non seulement pour sensibiliser le grand public à la question du sida, mais surtout pour encourager la solidarité à l’égard des personnes séropositives ou souffrant de la maladie. Il est important d’associer les jeunes à un tel rappel.
2) Participer à la promotion de la santé et du bien-être des jeunes à l’école
Reposant sur une vision positive et globale de la santé, la promotion de la santé invite à considérer l’école (entre autres lieux) comme un espace où santé et qualité de vie s’apprennent et peuvent s’améliorer. A ce titre, différents programmes d’action et de recherche ont démontré le rôle essentiel de l’école et de ses acteurs :
· les enseignants sont des relais privilégiés. De leur poste d’éducateurs, ils peuvent renforcer chez les jeunes les savoir-être, les savoir-faire et les connaissances favorables à leur santé ;
· les enseignants peuvent stimuler et encadrer nombre d’activités menées par les jeunes et contribuer à faire de l’école, un espace de santé et de bien-être ;
· les enseignants sont aussi le réceptacle d’interrogations, de demandes ou de besoins des jeunes à propos de la santé. Il n’est pas toujours possible ni souhaitable pour eux d’y répondre directement, ils peuvent par contre relayer les demandes, voire accompagner celles-ci vers des professionnels.
Pour qui ?
Relais privilégiés auprès des jeunes, les enseignants sont les utilisateurs et les premiers destinataires du document, et plus particulièrement :
· les enseignants des deuxième et troisième cycles du secondaire…
· toutes disciplines confondues : cours généraux et cours spéciaux
· de tous les types de l’enseignement ordinaire : général, technique et professionnel.
De manière générale, Sida: ne te fais pas dribbler peut être une ressource utile à tout acteur éducatif ou professionnel de la santé désireux d’aborder la question des IST et du Sida avec les jeunes.
Pour quoi faire ?
In fine, le document veut contribuer, chez les jeunes :
· à améliorer les connaissances et la sensibilité à propos du Sida et des IST ;
· à renforcer et promouvoir les comportements de protection en matière de sexualité (respect de soi et des autres, capacité à s’informer, capacité à recourir aux relais professionnels, capacité à se procurer et à utiliser un préservatif, etc.) ;
· à promouvoir les attitudes de respect et de solidarité vis-à-vis des personnes séropositives et des malades du Sida.
En s’adressant aux enseignants, Sida: ne te fais pas dribbler doit permettre :
· d’offrir une réponse actualisée et adaptée aux questions individuelles des élèves portant sur le sida et les IST ;
· de susciter la mise en œuvre d’activités collectives dans la classe ou l’école, en relation avec la prévention du sida et des autres IST, et la promotion de la santé sexuelle et affective en général.
Que peut-on y trouver ?
Le document se compose de trois séries de fiches :
· Fiches informatives : en condensé, elles contiennent l’information nécessaire et actualisée pour aborder une problématique particulière en lien avec le sida. Que les questions soient posées par un élève en classe, ou isolément en aparté, l’enseignant devrait pouvoir trouver la réponse dans les fiches présentées.
Des liens avec des sites Internet sont proposés pour ceux qui souhaiteraient approfondir l’un ou l’autre des sujets (dépistage, traitement, etc.)
· Fiches pédagogiques : elles proposent une ou plusieurs pistes d’activités à réaliser en classe ou dans l’école. Elles visent, d’une part à améliorer les connaissances des jeunes par rapport au sida et aux IST, et d’autre part à les sensibiliser au problème en rappelant l’importance de se protéger lors des relations sexuelles. Les animations proposées sont bien sûr des suggestions et nous espérons qu’elles feront naître d’autres idées ou d’autres initiatives du côté des lecteurs.
· Une fiche « ressources » : y sont notamment présentés les professionnels intervenant dans les champs de la prévention sida et de la santé sexuelle et affective. Cette liste de ressources et d’adresses utiles invite ainsi l’enseignant à impliquer d’autres acteurs de sa région proche ou moins proche, dans les activités et initiatives qui seront développées à partir du dossier pédagogique Sida: ne te fais pas dribbler
Bon à savoir !
L’évaluation des programmes de promotion de la santé, et en particulier, de promotion de la santé sexuelle et affective en milieu scolaire, a mis en évidence une série de « bonnes pratiques » à favoriser avec un public de « jeunes ».
Avant
· Partir des questions des jeunes, de leurs demandes et de leurs besoins, et tenir compte de l’information dont ils disposent déjà (en ce y compris leurs croyances, leurs préjugés, etc.). Adapter les activités et le discours à l’âge et à la maturité des élèves (sont-ils prêts à recevoir collectivement des infos sur le Sida et les IST ?)
· Intégrer la prévention des IST et du sida dans une approche large et positive, en évitant notamment d’aborder la sexualité uniquement sous l’angle de la maladie.Avant et pendant
· Etre attentif au climat relationnel dans la classe, et particulièrement entre filles et garçons, pour ce qui a trait à la vie sexuelle et affective (éventuellement, prévoir de travailler séparément avec les filles et les garçons).Pendant
· Lors d’une activité, veiller au respect de la parole de chacun (écoute, non-jugement) et donner le « droit de passer », c’est-à-dire de choisir de ne pas participer à l’activité.
· Privilégier une information claire, actuelle et objective en étant attentif aux éventuels effets contre-productifs sur le bien-être. Un ton alarmiste peut être source d’anxiété, voire jeter le discrédit sur un discours par lequel les jeunes ne se sentiront pas concernés ( les jeunes vivent dans le présent).
· Etablir des liens entre objectifs de santé (même spécifiques) et objectifs d’enseignement, en travaillant les compétences transversales : respect/solidarité, confiance en soi, esprit critique, etc.
Après
· Après une activité collective, s’assurer que les élèves disposent d’un temps/espace (éventuellement avec un interlocuteur spécialisé) pour faire part de leurs questions, leurs réflexions ou de leurs peurs éventuelles (boîte à suggestions, formulaire d’évaluation individuel et anonyme, etc.).
Il est clair qu’il convient de rester modeste quant aux ambitions de cet outil qui a bien sûr ses limites. Le sujet du sida reste un sujet extrêmement difficile à aborder dans la mesure où il est, aujourd’hui encore, entouré de tabous, qu’il touche à l’intimité des personnes et qu’il subsiste beaucoup de méconnaissances ou fausses croyances sur cette maladie.
La Plate-Forme Prévention Sida et ses partenaires espèrent que cet outil vous permettra d’amorcer le dialogue avec vos élèves, vos collègues et les autres acteurs de la santé à l’école, et qu’il contribuera à lutter contre ce terrible fléau face auquel les jeunes sont particulièrement vulnérables.
Bon travail et bon amusement.
Plus sur le dossier pédagogique
* La santé et le bien-être des jeunes d’âge scolaire, Quoi de neuf depuis 1994 ?, ULB-Promes, 2003, Bruxelles.
